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Le bonheur est ailleurs


La déception engendrée par le nul concédé ce soir par les Polonais (1-1) contre les Grecs semble bien dérisoire au regard du passé douloureux de ce pays.


Le bonheur est ailleurs
La Pologne n'a pas gagné son match d'ouverture de l'Euro (1-1) mais elle a réussi son pari. Celui de réunir son peuple, si longtemps divisé, autour d'une même cause. Car si les plupart des Polonais doivent ruminer leur déception d'avoir concéder l'égalisation à 11 contre 10, d'autres, les plus anciens notamment, ont certainement savourer ce délicieux moment de communion nationale. Ce soir et pendant trois semaines, le monde entier sera tourné vers la Pologne et l'Ukraine, les deux pays organisateurs.
Aujourd'hui la plupart des supporters et des téléspectateurs ignorent que ces deux pays sont parmi ceux qui ont le plus souffert au XXe siècle. La Pologne fut notamment le premier pays envahie par Hitler le 1er septembre 1939 . Les nazis et leurs divisions blindées, soutenues par les avions, balayèrent en trois semaines une armée polonaise se battant encore avec des chevaux. Pendant six ans, la Pologne fut le laboratoire des théories racistes du IIIe Reich. 90 % des juifs polonais y ont été exterminés que ce soit dans les ghettos de Cracovie, de Varsovie ou dans les camps de la mort comme Auschwitz et Tréblinka. Tous ces lieux se situent en Pologne, tout comme les histoires des films La liste de Schindler et le Pianiste. L'évocation de ces deux perles cinématographiques suffit à se rappeler de l'ampleur du drame. Dans ce pays comme dans beaucoup d'autres, la délation fut un sport nationale, nombre de Polonais dénonçant aux autorités allemandes un voisin ou un "ami" juif.
En Ukraine, le drame fut tout aussi épouvantable quoique moins connu. En 1935, l'Ukraine, sous autorité soviétique, entre en résistance. Les paysans ukrainiens refusent de céder leur terre. En représailles, Staline envoie ses hommes bruler les récoltes, les maisons et les provisions des Ukrainiens. En quelques mois, l'Ukraine est plongée dans une famine épouvantable dont on ignore aujourd'hui les conséquences. Les historiens évoquent le chiffre de 5 à 6 millions de morts.
A l'évocation de ces souvenirs, le nul concédé ce soir à Varsovie semble pour le moins dérisoire. Car, ce soir le bonheur était bien ailleurs. Dans le pré.






Ecrit par olivier goudeau le Vendredi 8 Juin 2012 et lu 377 fois environ

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