Foutebol
   

Laup Anthony | Pas Nini


29 ans / 1.68 m / Milieu offensif à Quevilly


Laup Anthony | Pas Nini

Avoue-le, fumier d’internaute ! Oups !

Pardon ! Je me suis un peu emporté. Je ne devrais pas t’injurier de la sorte. Certes, tu as une propension à m’agacer souvent mais cela ne justifie en rien ces insultes. Je recommence.

Avoue-le, petit fumier d’internaute ! Quand tu as vu Laup, tu t’es demandé méprisant « qui c’est encore celui là qu’il m’a choisit de portraîtiser !? » (Ça ne s’arrange pas ton expression ! Combien de fois devrais-je te répéter qu’il devient urgent que tu délaisses un peu les sites débordant de créatures moins farouches que siliconées au profit de livres).

Te connaissant, tu as été déçu que ce portrait ne couronne pas une vedette du ballon rond, une méga super star.
Et oui, aujourd’hui, c’est disette. Adieu les dorures d'argent et de vermeil d’« Ici Paris » voilà le cambouis et la sueur de « L’humanité mardi ». Il te faudra te contenter d’un gueux, d’un manant, d’un va nu pieds des pelouses.

Pour autant, Anthony Laup n’est pas tout à fait n’importe qui.
Ou plutôt, n’est plus tout à fait n’importe qui. Alors qu’il atteignait sa 27ème année, la fée célébrité s’est penchée sur son berceau. Ce garçon a basculé dans la lumière en inscrivant le but décisif de la demi-finale de Coupe de France Rennes / Quevilly qui envoya l’équipe de National en finale. Inscrit à la dernière seconde du temps additionnel, son but, outre qu’il qualifie son club, bonifie la légende de cette vieille Coupe de France. Après Calais, il n’y a pas si longtemps, c’est désormais Quevilly qui tient la dragée haute aux cadors.

Le Kréopolitain (réunionnais évoluant en Métropole), s’il ne se fait pas trop d'illusions sur ses chances de devenir professionnel, est tout à son bonheur d’aller jouer au Stade de France. « D’habitude, on joue face à 500, 600 personnes et là on s’est retrouvé devant 21 000 personnes dans une ambiance magnifique, c’était exceptionnel et bientôt 80 000 personnes au Stade de la France ! ». 

Anthony Laup est un symbole.
Du haut de son mètre 68, il est le cliché du « Petit Poucet » de la coupe de France. Ce conte qui exalte la victoire du « marmot », dernier des fils d'un pauvre bûcheron, d'abord méprisé qui, pourtant, triomphe de l'Ogre. Laup, le plus petit de la grande fratrie Quevilly, abandonné avec ses pauvres frères footballeurs dans la périlleuse forêt de la coupe de France. Lui, le petit malingre, est confronté à l’alternative : manger ou être mangé. Il a déjà lutté avec succès contre la meute de loups (un peu amorphes, il est vrai) Marseillais et Rennais. Et il se prépare (« Le Jour J on va tout donner ! » prévient t’il) à affronter l’ogre Lyonnais. 

Pour parvenir à ses fins, le petit Laup utilisera peut-être ses chaussures à crampons de 7 lieues mais surtout il devra faire preuve d'un grand courage. Car tout est là ! Ce qui nous plaît dans ces contes de fée-ball ce sont les valeurs et donc l’incontournable morale. Dans un monde piétiné par la loi du pognon, on aime à croire que dans le sport, le pauvre petit peut encore anéantir le plus forts par la seule force de sa volonté, sa faim.

Paradoxalement, nous idolâtrons les stars millionnaires du ballon rond qui nous font rêver mais chaque année nous attendons de la coupe de France qu’elle se charge de les faire tomber de leur piédestal. Comme l’occasion de leur dégonfler le melon et de les rappeler à leur vulnérabilité et leur simple humanité.

Antony Laup - Foutebol Commons
Antony Laup - Foutebol Commons


Ecrit par le Mardi 17 Avril 2012 et lu 963 fois environ
Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 3.0 France.